dimanche 22 septembre 2013

L'été du déserteur

Veijo Meri
Actes Sud, 169 pages
1985


Titre original en finlandais: Sujut



Le sergent Lauri Ojala et son unité de l'armée finlandaise sont en déroute, et font retraite devant une offensive des troupes soviétiques. Mais le sergent franchit le fleuve Vuoksi et quitte le front sans rien dire à personne. Il rejoint l'arrière, sa ferme où sa mère et ses soeurs travaillent dur. C'est le moment des moissons et l'occasion de retrouver son amoureuse Ritva. (..)


Ce roman du grand auteur finlandais Veijo Meri (né en 1928), publié en Finlande en 1961, propose une traversée des lignes, du front jusqu'à l'arrière, quand tout va mal et que personne ne sait où est l'ennemi et où sont les unités amies. Rien n'a vraiment de sens et chacun semble mener sa propre guerre, pensant viser les uns et tirant sur les autres en occupant des tranchées qui datent de la guerre précédente.

La pesanteur de la fatalité


A l'inverse et par contraste, à l'arrière, il y a la vie d'avant, les travaux de la ferme, immuables, les relations familiales, les amis, les amours, le passé qui resurgit, qui semble perdurer, et qui donne le sentiment que la guerre n'a pas de sens.

Selon l'éditeur Hubert Nyssen, qui commente l'édition de 1985 chez Actes Sud: "Les grands thèmes de la littérature nordique se retrouvent dans ce récit: la pesanteur de la fatalité, l'absurdité des choses, le rythme omniprésent des saisons".

La guerre dans la guerre


L'histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale, en 1944 au cours de ce qui est appelé la Guerre de continuation (1941-1944), entre la Finlande et l'Union soviétique. Continuation parce qu'elle intervient après un premier conflit, entre 1939 et 1941, appelé Guerre d'hiver au cours de laquelle l'URSS entreprit d'occuper par la force une partie du territoire finlandais pour constituer un glacis, une zone tampon. La Guerre de continuation est entreprise par la Finlande, momentanément et localement alliée à l'Allemagne nazie, pour récupérer le terrain perdu.

1 commentaire:

  1. Un superbe roman, que j'ai lu lors de mes années d'apprentissage de finnois à l'INALCO Paris.

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